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Le charbon végétal : antidote par adsorption | Behind the Lore

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Quand Maomao arrive auprès des deux victimes inconscientes, son premier réflexe est net : pas d’eau, du charbon. Elle écarte instinctivement l’émèse insuffisante déjà tentée et réclame immédiatement le charbon végétal. Une fois obtenu, elle le mélange aux simples et le fait avaler aux deux patients. La suite de l’épisode révèle que l’empoisonnement était à la nicotine extraite par macération dans un alcool : le charbon administré rapidement était le bon geste, et refuser l’eau également, car l’eau aurait modifié l’acidité gastrique et favorisé l’absorption du poison.

Le sujet en profondeur

Le charbon végétal activé n’est pas la cendre noire ordinaire d’un feu de bois. Il est obtenu en carbonisant un matériau organique, le plus souvent du bois, de la noix de coco ou du bambou, puis en le soumettant à une activation : soit thermique, par injection de vapeur d’eau à très haute température, soit chimique, par traitement à l’acide phosphorique ou au chlorure de zinc. Ce processus ouvre et élargit un réseau de micropores à l’intérieur de chaque grain [Wikipedia] .

Le résultat est une structure dont la surface interne peut atteindre 500 à 1 500 m² par gramme, soit l’équivalent d’un terrain de football dans la paume de la main. C’est cette surface qui fait toute la différence en toxicologie.

Adsorption et non absorption. L’adsorption (avec un d) est un phénomène de surface : les molécules de toxique se fixent sur la paroi des pores par des forces faibles de type van der Waals et par interactions électrostatiques, sans réaction chimique. Elles sont immobilisées, incapables de traverser la muqueuse intestinale et de rejoindre la circulation sanguine. L’absorption (sans d) désigne au contraire le passage d’une substance à travers une membrane biologique vers le sang : c’est précisément ce que le charbon empêche pour les molécules capturées.

En pratique clinique, le charbon actif est administré par voie orale, suspendu dans de l’eau, à raison de 1 g/kg de poids corporel chez l’adulte, dans la première heure qui suit l’ingestion du toxique. Passé ce délai, une partie du poison a déjà été absorbée et le charbon ne peut plus l’en déloger : il capte ce qui reste dans le tube digestif, pas ce qui circule déjà dans le sang.

Le charbon est particulièrement efficace contre les alcaloïdes comme la nicotine, les médicaments à base organique (aspirine, paracétamol, antidépresseurs, bêtabloquants), de nombreux pesticides organiques et la plupart des plantes toxiques. Ses limites sont tout aussi importantes : il n’adsorbe pas les métaux lourds (plomb, mercure, arsenic), les alcools simples (éthanol, méthanol), les acides et bases forts, le lithium ni les cyanures. Dans ces cas, d’autres antidotes spécifiques sont nécessaires.

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Sources

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