L'aconit : la plante la plus toxique d'Europe
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L’aconit revient à plusieurs reprises sous la plume de Maomao comme l’archétype du poison radical. Quand elle évoque un empoisonnement, elle lâche qu’avec du miel d’aconit l’affaire aurait été expéditive. Plus tard, elle rappelle que le miel butiné sur l’aconit ou l’azalée n’est pas un miel ordinaire mais un véritable poison pour l’homme. Pour elle, c’est une évidence de pharmacienne : l’aconit ne laisse pas de seconde chance.
Le sujet en profondeur
L’aconit, ou aconit napel, est une plante de montagne aux fleurs bleues en forme de casque, de la famille des renonculacées [Wikipedia] . Toute la plante est toxique, racine comprise, et c’est d’ailleurs la racine qui en concentre le plus. Sa réputation est ancienne : on l’a appelée « reine des poisons » et « tue-loup », parce qu’on en enduisait des appâts pour les loups.
Le poison responsable est l’aconitine, un alcaloïde qui agit sur une cible précise : les canaux sodiques voltage-dépendants des cellules nerveuses, musculaires et cardiaques
[Wikipedia] . Ces canaux laissent entrer le sodium pour déclencher un signal, puis se referment pour permettre à la cellule de revenir au repos. L’aconitine les force à rester ouverts : la cellule est continuellement excitée et ne peut plus se réinitialiser.
Il est éclairant de comparer ce mécanisme à celui de la tétrodotoxine du fugu. Les deux poisons visent le même canal sodique, mais en sens inverse : la tétrodotoxine le bouche et coupe le signal, l’aconitine le bloque en ouverture et l’emballe. Le résultat clinique se rejoint pourtant, parce que dans les deux cas la commande nerveuse et cardiaque est désorganisée.
Les premiers symptômes de l’intoxication par l’aconit sont des fourmillements et un engourdissement de la bouche et des extrémités, suivis de nausées, de troubles du rythme cardiaque qui peuvent virer à l’arrêt, et d’une paralysie progressive. L’évolution est rapide et la dose mortelle très faible : quelques grammes de racine suffisent. Il n’existe pas d’antidote spécifique, seulement une prise en charge symptomatique, ce qui justifie pleinement la réputation que lui prête l’œuvre.
Pour aller plus loin
- Le fugu et la tétrodotoxine
- Le rhododendron et le miel fou
- Discipline toxicologie
- Discipline botanique
Sources
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