Pourquoi le miel est dangereux pour les bébés | Behind the Lore
Contexte dans l'histoire (cliquer pour masquer ce bloc) (cliquer pour afficher ce bloc)
Ce paragraphe peut contenir des informations sur l'intrigue.
Maomao remonte le fil d’un drame familial : un nourrisson est mort, et l’on a fait croire à une poudre toxique. La vérité est plus discrète. L’enfant était nourri d’un miel jugé bénéfique pour sa santé, alors que ce miel pourtant ordinaire pouvait être fatal à un si jeune âge. Le poison n’était pas un poison au sens habituel : c’était un aliment réputé sain, dangereux pour la seule raison que le corps d’un bébé n’est pas encore armé pour le supporter.
Le sujet en profondeur
Le miel n’est pas toxique en lui-même. Le danger vient de ce qu’il peut héberger : des spores de la bactérie Clostridium botulinum [Wikipedia] . Une spore est une forme dormante et très résistante de la bactérie, capable de survivre à la sécheresse, à la chaleur et au temps. Les abeilles peuvent en rapporter avec le pollen et le nectar, si bien qu’une faible proportion de miels en contient naturellement, sans que cela se voie ni se goûte.
Chez l’adulte et l’enfant de plus d’un an, ces spores ne posent pas de problème. L’intestin abrite une flore microbienne dense et établie qui occupe le terrain et empêche la bactérie de s’installer. Les spores traversent et sont éliminées sans germer.
Tout change chez le nourrisson de moins d’un an. Sa flore intestinale est encore immature et clairsemée, ce qui laisse la place libre. Les spores germent alors dans l’intestin, la bactérie s’y développe et produit la toxine botulique, l’une des substances les plus paralysantes connues [Wikipedia] . Cette toxine bloque la libération de l’acétylcholine à la jonction entre le nerf et le muscle, ce qui empêche la commande musculaire de passer. Les signes du botulisme infantile sont une constipation, une succion qui faiblit, un cri éteint, une perte du tonus qui rend le bébé « mou », puis une paralysie qui peut gagner les muscles de la respiration. C’est cette atteinte respiratoire qui rend la maladie potentiellement mortelle.
Le point essentiel, et ce qui rend la mise en scène de l’œuvre si juste, est que ce miel n’a rien d’anormal. Il est parfaitement comestible pour tout le monde, sauf pour un organisme dont l’intestin n’a pas encore mûri. Le même aliment est bénéfique d’un côté et mortel de l’autre, selon le seul âge de celui qui le reçoit.
Pour aller plus loin
Sources
Publié le
Poursuivre l'enquête
Suggérées automatiquement par concepts, disciplines, épisodes ou personnages communs.
Le fard blanc au plomb
Dans Les Carnets de l'apothicaire, le fard blanc tue les courtisanes. On vous explique pourquoi ce maquillage à la céruse provoquait un saturnisme mortel.
Le fugu et la tétrodotoxine
Dans Les Carnets de l'apothicaire, Maomao raffole du fugu et de son poison. On explique la tétrodotoxine, comment elle paralyse et pourquoi il n'existe pas d'antidote.
La syphilis
Dans Les Carnets de l'apothicaire, la syphilis efface les souvenirs d'une courtisane. On explique Treponema pallidum, les phases de la maladie et la neurosyphilis.
Le rhododendron et le miel fou
Dans Les Carnets de l'apothicaire, un miel rend malade et une plante brûlée intoxique. On explique les grayanotoxines du rhododendron et le fameux miel fou.
L'alcool antiseptique
Dans Les Carnets de l'apothicaire, un alcool distillé est qualifié de désinfectant efficace. On explique pourquoi l'éthanol tue les microbes et à quelle concentration.