Phénomène toxicologiebotanique

Le rhododendron et le miel fou | Behind the Lore

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Maomao résout deux affaires distinctes liées à la même famille de plantes. Devant une intoxication collective, elle remonte jusqu’au rhododendron, dont elle explique qu’il rend malade et que le brûler ne fait que disperser ses toxines dans l’air. Plus tard, à propos d’un miel meurtrier, elle rappelle que le miel butiné sur l’aconit ou l’azalée n’est pas un aliment mais un poison pour l’homme. Deux scènes, une même leçon : ces jolies fleurs ne sont pas inoffensives.

Le sujet en profondeur

Les rhododendrons et les azalées appartiennent à la famille des éricacées, et beaucoup d’entre eux fabriquent des grayanotoxines, un groupe de substances toxiques présentes dans les feuilles, les fleurs et le nectar [Wikipedia] . Leur cible est encore une fois le canal sodique des cellules nerveuses, musculaires et cardiaques : la grayanotoxine le maintient ouvert, ce qui rend les cellules anormalement excitables [Wikipedia] . Le mécanisme rejoint celui de l’aconitine de l’aconit, ce qui explique des symptômes voisins.

L’intoxication directe, par ingestion de la plante ou inhalation de sa fumée, provoque salivation, nausées, vertiges, troubles de la vision, chute de la tension artérielle et ralentissement du rythme cardiaque, parfois jusqu’à la perte de connaissance. La remarque de Maomao sur la fumée est exacte : brûler la plante ne détruit pas le poison, mais le met en suspension dans l’air, où il peut être respiré.

Le cas le plus singulier est celui du miel. Lorsque les abeilles butinent massivement des rhododendrons, les grayanotoxines du nectar se retrouvent concentrées dans le miel produit. Ce miel, appelé miel fou, est d’apparence et de goût normaux, mais provoque les mêmes symptômes que la plante. C’est l’un des très rares cas où un miel est dangereux par sa composition même, et non par une contamination microbienne comme dans le botulisme infantile : ici, le danger vient de la fleur d’origine, pas d’une bactérie.

Le sujet en profondeur, suite : deux dangers du miel à ne pas confondre

L’œuvre, en réunissant dans le même épisode le miel d’aconit ou d’azalée et le danger du miel pour le nourrisson, invite à distinguer deux choses très différentes. Le miel fou est toxique pour tout le monde, à cause des grayanotoxines venues des fleurs. Le miel ordinaire, lui, n’est dangereux que pour le nourrisson, à cause de spores bactériennes, et redevient sans risque après un an. Même aliment, deux mécanismes sans rapport, deux publics concernés.

Pour aller plus loin

Sources

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