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Le vomissement provoqué : un geste abandonné | Behind the Lore

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Quand Maomao arrive auprès des deux victimes inconscientes, elle signale qu’elle a commencé par les faire vomir, mais que l’émèse était insuffisante. Elle ne s’y attarde pas et passe immédiatement au charbon végétal. Ce glissement rapide du vomissement provoqué vers l’adsorbant est, à sa manière, cliniquement cohérent : Maomao juge que le premier geste n’a pas suffi et qu’il faut passer à autre chose. La scène ne met pas en cause le principe de l’émèse, mais elle illustre qu’elle n’est pas une solution en soi.

Le sujet en profondeur

L’idée de faire vomir quelqu’un qui vient d’ingérer un poison est intuitivement logique : évacuer la substance avant qu’elle ne soit absorbée par l’intestin. Ce raisonnement a dominé la médecine d’urgence pendant des siècles [Wikipedia] .

Les émétiques utilisés historiquement sont nombreux. Le sulfate de cuivre, le tartre stibié (antimoniate de potassium), l’ipéca et, plus simplement, l’introduction d’un doigt ou d’un objet au fond de la gorge pour déclencher le réflexe de nausée par stimulation mécanique du palais mou. Ce geste dit mécanique est instantané, sans substance chimique, et correspond sans doute à ce que Maomao effectue en premier lieu sur les victimes [Wikipedia] .

Le problème tient à la physiopathologie du vomissement lui-même. Le cardia s’ouvre et le contenu gastrique remonte sous forte pression vers l’œsophage, le pharynx et la cavité buccale. Ce trajet inverse n’est pas anodin.

Trois familles de contre-indications rendent l’émèse provoquée dangereuse, voire mortelle.

La première concerne les substances caustiques : acides forts, bases fortes, eau de javel concentrée. Ces produits brûlent les muqueuses à la descente ; les faire remonter rebrûle les mêmes tissus sur le trajet inverse, aggravant les lésions de l’œsophage et de la bouche et augmentant le risque de perforation.

La deuxième concerne les hydrocarbures : essences, pétrole, solvants. Ces liquides peu visqueux ont une forte tendance à passer dans les voies respiratoires lors du vomissement. Une pneumopathie d’inhalation peut s’installer en quelques heures, bien plus grave que l’intoxication digestive initiale.

La troisième concerne l’état neurologique de la victime. Si elle présente des troubles de conscience, une somnolence marquée ou des convulsions, son réflexe de protection des voies aériennes est altéré. Vomir dans cet état revient à inonder les poumons de vomissures, ce qui peut tuer plus vite que le poison. Les deux victimes de l’épisode sont précisément dans cet état : inconscientes ou fortement obnubilées, raison pour laquelle Maomao abandonne vite l’émèse.

Une quatrième limite pratique s’ajoute : l’efficacité de l’émèse s’effondre rapidement avec le temps. Au-delà de 30 à 60 minutes après l’ingestion, une grande partie du poison a déjà migré vers l’intestin grêle et n’est plus accessible par le vomissement.

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Sources

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