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Le gingembre et ses propriétés réchauffantes | Behind the Lore

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Pendant les préparatifs de la réception impériale en plein air, Maomao confectionne des pastilles destinées à tenir chaud par grand froid. Elle explique que le gingembre possède des propriétés réchauffantes et l’associe à la peau des agrumes pour stimuler le flux sanguin. Le geste est celui d’une praticienne : elle ne se contente pas d’une intuition, elle compose une préparation raisonnée à partir de deux ingrédients dont elle connaît les effets distincts.

Le sujet en profondeur

Le gingembre, Zingiber officinale, est une plante tropicale dont on utilise le rhizome, la partie souterraine épaissie qui ressemble à un tubercule noueux [Wikipedia] . Son odeur et son goût piquant proviennent d’une famille de composés phénoliques, dont le principal dans le gingembre frais est le gingérol, plus précisément le 6-gingérol.

Le gingérol agit sur une cible moléculaire précise : le récepteur TRPV1 (Transient Receptor Potential Vanilloid 1) [Wikipedia] . Ce récepteur est un canal ionique présent sur les terminaisons nerveuses sensorielles. Il s’ouvre en réponse à la chaleur au-delà de 43 degrés Celsius, à l’acidité, et à la capsaïcine, le principe actif du piment. Le gingérol emprunte le même mécanisme : en se liant au récepteur, il le force à s’ouvrir même à température ambiante, ce qui envoie au cerveau un signal indiscernable de celui produit par une vraie chaleur.

Il s’agit donc d’un effet sensoriel central : la sensation de chaleur est authentique sur le plan neurologique, même si la température profonde du corps ne varie pas. À cela s’ajoute un effet vasculaire périphérique. La stimulation de TRPV1 dans les capillaires cutanés provoque une vasodilatation : les vaisseaux de surface se dilatent, le débit sanguin cutané augmente, la peau se réchauffe réellement au toucher. Par temps froid, cet afflux sanguin en périphérie atténue la sensation de froid même s’il ne protège pas contre l’hypothermie profonde.

Quand le gingembre est séché ou cuit, une partie du gingérol se transforme en shogaol, un composé plus concentré et plus piquant, dont l’affinité pour TRPV1 est encore plus élevée. C’est pourquoi le gingembre sec ou les préparations cuites sont pharmacologiquement plus actives que le gingembre frais râpé, un détail que les pharmacopées traditionnelles avaient intégré bien avant que la chimie moderne l’explique.

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Sources

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