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Les élixirs d'immortalité : l'alchimie chinoise | Behind the Lore

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Au fil de l’épisode, Maomao rappelle que la fameuse « potion de résurrection » aurait pour origine les essais répétés visant à découvrir un élixir de jouvence. Elle sait que cette quête est vouée à l’échec, mais quelque chose en elle, la fierté de l’apothicaire, l’empêche de s’en désintéresser. La remarque n’est pas anodine : elle condense en quelques mots un des paradoxes les plus sombres de la pharmacologie historique, celui d’une recherche de vie qui fabrique surtout de la mort.

Le sujet en profondeur

Le waidan, que l’on peut traduire par « alchimie externe », désigne la branche de l’alchimie chinoise qui cherche l’immortalité en fabriquant une substance à ingérer [Wikipedia] . Son pendant, le neidàn, vise la transformation intérieure par la méditation et la respiration, mais c’est le waidan qui a dominé les pratiques impériales jusqu’au milieu du premier millénaire.

Le matériau roi de ces préparations est le cinabre, un minerai rouge vif composé de sulfure de mercure. Les alchimistes lui prêtaient des vertus particulières : sa couleur évoquait le sang et la vie, et il semblait résister à la corruption là où les matières organiques se décomposaient. En le chauffant, le cinabre se transforme en mercure liquide, puis en le chauffant davantage le mercure se « réincarne » en cinabre rouge, ce cycle de transformation semblant mimer une mort et une renaissance perpétuelles. Les alchimistes y voyaient la preuve que la substance possédait le secret de la durée.

À cela s’ajoutaient l’arsenic, souvent sous forme de réalgar (sulfure d’arsenic rouge) ou d’orpiment (sulfure d’arsenic jaune), et parfois de l’or réduit en feuilles ou en poudre [Wikipedia] . Le raisonnement était cohérent dans son cadre : l’or ne rouille pas, l’arsenic et le mercure semblent défier la putréfaction, donc absorber ces substances transmettrait leur permanence au corps humain.

Le problème est que ce raisonnement analogique ne tient pas face à la physiologie. Le mercure élémentaire, une fois absorbé, est transformé par les bactéries intestinales en méthylmercure, une forme organique qui traverse la barrière hémato-encéphalique et détruit les neurones. Les symptômes sont progressifs : tremblements, troubles de la vision, démence, mort. L’arsenic, pour sa part, inhibe les enzymes de la chaîne respiratoire cellulaire et provoque en dose élevée des intoxications aiguës foudroyantes, en dose répétée des lésions multi-organes chroniques.

Les textes historiques ont conservé les noms de plusieurs empereurs de la dynastie Tang, notamment Xuanzong, et d’autres souverains qui ont consommé ces élixirs sur les conseils de leurs alchimistes de cour et sont morts dans des circonstances compatibles avec ces empoisonnements. La pratique a décliné au fil des siècles, à mesure que ses effets létaux devenaient difficiles à nier, mais la quête de l’immortalité chimique a laissé des traces profondes dans la pharmacopée et dans l’histoire des sciences.

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Sources

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