Le mercure : le métal liquide qui empoisonne
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En remontant la composition d’un poison employé à la cour, Maomao s’arrête sur un ingrédient à part. Tous les composants se trouvent facilement, note-t-elle, à une exception près : le vif-argent, c’est-à-dire le mercure. Sa rareté et son prix le distinguent des plantes communes, et trahissent un poison de cour, accessible seulement à qui dispose de moyens. Le métal liquide qui fascinait les Anciens redevient ici ce qu’il a toujours été, un toxique.
Le sujet en profondeur
Le mercure est le seul métal liquide à température ordinaire, ce qui lui a valu son nom ancien de vif-argent, l’argent vivant [Wikipedia] . Cet aspect mouvant et brillant a nourri sa réputation magique et médicale pendant des siècles. Mais sous toutes ses formes, le mercure est un poison. Métal lourd, il agit comme le plomb et l’arsenic : il s’accumule et perturbe le fonctionnement de nombreuses protéines de l’organisme.
Sa toxicité dépend de sa forme. Le mercure liquide avalé est en grande partie éliminé sans pénétrer, ce qui a longtemps fait croire à tort qu’il était inoffensif. En revanche, ses vapeurs, dégagées dès qu’on le chauffe, sont très toxiques pour les poumons et le cerveau. Et lorsqu’il se combine à d’autres éléments, comme dans le cinabre, son minerai rouge, ou sous forme de composés organiques fabriqués par les bactéries dans l’eau, il devient encore plus dangereux [Wikipedia] .
Les effets de l’intoxication, l’hydrargyrisme, touchent principalement deux organes
[Wikipedia] . Le système nerveux d’abord : tremblements, troubles de la mémoire, irritabilité, changements de l’humeur et du comportement, parfois jusqu’au délire. Les reins ensuite, que le mercure endommage durablement. Comme pour les autres métaux lourds, l’intoxication est souvent chronique et insidieuse, parce que le mercure s’élimine très lentement et s’accumule au fil des expositions.
Le mercure complète ainsi le trio des métaux lourds présents dans l’œuvre, aux côtés du plomb du fard blanc et de l’arsenic de l’orpiment. Trois métaux brillants et utiles, trois poisons lents, qui illustrent la même leçon : la beauté ou l’utilité d’un matériau ne dit rien de son innocuité.
Pour aller plus loin
- Le fard blanc au plomb
- L’orpiment et l’arsenic
- Discipline toxicologie
- Discipline histoire des sciences
Sources
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