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La vigne d'argent et les chats | Behind the Lore

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Dans l’épisode, Luomen explique à Jinshi qu’un chat a pu servir de messager involontaire parce qu’il avait reniflé de la vigne d’argent cachée dans un paquet. La plante, infusée en thé, favorise selon lui un sommeil réparateur, mais l’usage qui retient l’attention est son effet sur les félins : ils en raffolent au point d’en être mis “presque en transe”. Le chat avait fouillé les tiroirs précisément pour en trouver, et c’est cette attraction irrésistible qui explique son comportement agité et les traces qu’il a laissées. L’œuvre traite la chose sans en faire un mystère, comme un fait connu des apothicaires, ce que la biologie confirme entièrement.

Le sujet en profondeur

La vigne d’argent est le nom vernaculaire de l’Actinidia polygama, une liane grimpante originaire du Japon et de Corée, appartenant à la famille des Actinidiaceae [Wikipedia] . Son nom japonais, matatabi, est resté courant dans la littérature scientifique pour désigner l’effet qu’elle produit sur les félins domestiques. La plante doit son autre nom commun aux taches argentées qui parsèment ses feuilles lors de la floraison, un signal visuel qui attire autant les collecteurs humains que les chats.

L’effet sur les félins tient à une famille de composés chimiques appelés iridoïdes, des molécules naturelles de type monoterpénoïde cyclique. Dans le cas du matatabi, le composé le plus actif est le nepetalactol, une molécule proche de la népetalactone présente dans la cataire (Nepeta cataria), la célébre “herbe aux chats” [Wikipedia] . Ces deux molécules ne sont pas identiques structurellement, mais elles activent toutes deux les mêmes récepteurs olfactifs des félins : les récepteurs TRPA1, particulièrement sensibles chez les Felidae.

Lorsqu’un chat entre en contact avec la plante, par olfaction ou frottement, l’activation des TRPA1 déclenche une libération d’endorphines, les mêmes neurotransmetteurs impliqués dans les sensations de plaisir et d’apaisement. Le comportement observable est stéréotypé et reproductible : le chat se roule sur la plante, se frotte dessus, vocalise, puis entre dans un état de calme proche de la somnolence. La durée de cet état est limitée, généralement de cinq à quinze minutes, après quoi le récepteur est temporairement désensibilisé et l’animal redevient indifférent à la plante.

Il est utile de préciser la différence entre les deux plantes les plus connues pour cet effet. La cataire (Nepeta cataria) produit son effet principalement par voie aérienne, son odeur seule suffisant à déclencher la réponse [Wikipedia] . Le matatabi agit lui aussi par olfaction, mais le contact physique avec la plante renforce nettement la réaction. Des études comparatives ont montré que le matatabi est efficace sur une proportion d’individus légèrement supérieure à la cataire : environ 80 % des chats domestiques répondent au matatabi contre 50 à 70 % pour la cataire. Cette variation est partiellement génétique, ce qui explique pourquoi certains chats semblent totalement insensibles à l’herbe aux chats mais réagissent au matatabi.

Un aspect moins intuitif de ce phénomène a été mis en lumière par des recherches récentes : ce comportement de frottement n’est pas seulement une réponse hédonique. En s’imprégnant des iridoïdes de la plante, le chat recouvre son pelage d’une substance qui s’avère être un répulsif contre les moustiques et certains insectes piqueurs. Ce que l’on observait comme un comportement d’autostimulation serait ainsi, au moins en partie, un comportement de protection chimique passive, façonné par la sélection naturelle. La réponse sensorielle intense garantit que le frottement est vigoureux et répété, maximisant la quantité de répulsif déposée sur le pelage.

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Sources

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