Technique chimie

L'encre sympathique : écriture invisible | Behind the Lore

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Maomao a glissé un message de secours à l’encre sympathique, écrit à l’alcool et dissimulé pour passer inaperçu. Luomen explique qu’un texte rédigé avec du jus de fruit, du thé ou de l’alcool devient visible sous la chaleur d’une flamme, parce que ces substances « brûlent plus facilement » que le papier. Jinshi retrouve ainsi la piste de l’héroïne, depuis un message que quiconque aurait pu tenir en main sans rien lire.

Le sujet en profondeur

Une encre sympathique est un liquide qui, une fois séché, devient indiscernable sur le support jusqu’à ce qu’une révélation le rende visible. La famille thermique, celle utilisée dans la scène, repose sur un principe de dégradation différentielle [Wikipedia] .

Le papier est composé principalement de cellulose. Sa dégradation thermique visible débute vers 230 à 300 °C selon le type de papier. Les liquides organiques couramment utilisés comme encres sympathiques, le jus de citron, le jus d’orange, le lait, l’urine, le thé concentré ou l’alcool, contiennent des sucres simples, des acides organiques (acide citrique, acide lactique, acide gallique) et des tanins. Ces composés commencent à se décomposer et à brunir entre 150 et 200 °C environ, bien avant que la cellulose n’atteigne son propre point de dégradation.

Ce brunissement n’est pas une combustion au sens strict. C’est une réaction de dégradation thermique qui emprunte deux chemins selon la nature du composé : la caramélisation pour les sucres (rupture et réarrangement des molécules de glucose ou de fructose sous la chaleur) et la réaction de Maillard pour les mélanges contenant à la fois des sucres et des acides aminés. Les deux produisent des polymères colorés bruns. Comme la feuille reste à une température encore inférieure à son propre seuil de dégradation, elle ne noircit pas : seul le texte brun apparaît.

L’urine et le lait méritent une mention particulière. L’urine contient de l’urée, qui se décompose en ammoniaque sous la chaleur, mais aussi des sucres résiduels et de l’acide urique qui brunissent. Le lait, riche en lactose et en protéines de lactosérum, réagit particulièrement bien par réaction de Maillard. Ces deux substances figurent parmi les plus anciennes encres sympathiques documentées, ce qui s’explique par leur disponibilité universelle et leur apparence parfaitement neutre sur papier une fois séchées.

Le mécanisme inverse existe aussi, avec des encres sympathiques chimiques révélées non par la chaleur mais par la réaction avec un réactif (phénolphtaléine révélée par une base, chlorure ferrique révélé par des tanins, iode révélé par l’amidon). Ces variantes ont été développées dès le XVIe et XVIIe siècles, notamment pour contourner la détection que les services postaux commençaient à exercer.

Pour aller plus loin

Sources

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