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Le monoxyde de carbone : le tueur invisible | Behind the Lore

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Lors d’une réception trop chauffée, Maomao sent qu’elle commence à piquer du nez et remarque que, avec autant de monde, il y a de quoi étouffer. Quand des dames s’évanouissent, elle ne crie pas au malaise ni au mauvais sort : elle ordonne de les approcher des ouvertures et explique que, dans un espace confiné, les braises vicient l’atmosphère. En quelques mots, elle pose un diagnostic d’intoxication et le bon geste, là où d’autres auraient parlé de faiblesse ou de présage.

Le sujet en profondeur

Quand un combustible brûle, il se combine à l’oxygène de l’air. Si l’oxygène est abondant, la combustion est complète et produit surtout du dioxyde de carbone. Mais dans un espace confiné, où l’air se renouvelle mal, l’oxygène vient à manquer et la combustion devient incomplète : elle libère alors du monoxyde de carbone [Wikipedia] . Des braises dans une pièce fermée réunissent donc deux dangers à la fois : elles appauvrissent l’air en oxygène et le chargent en monoxyde de carbone.

Ce gaz est particulièrement sournois parce qu’il est totalement inodore, incolore et non irritant : rien ne prévient de sa présence. Son danger tient à une affinité chimique. L’hémoglobine, la protéine des globules rouges qui transporte l’oxygène, se lie au monoxyde de carbone environ deux cents fois plus fortement qu’à l’oxygène. Dès qu’il y en a un peu dans l’air, il occupe donc la place de l’oxygène sur l’hémoglobine, qui ne peut plus alimenter les organes. Le corps s’asphyxie de l’intérieur, alors même qu’il continue de respirer.

Les symptômes sont d’autant plus traîtres qu’ils ressemblent à une fatigue ordinaire : maux de tête, nausées, vertiges, envie de dormir, puis perte de connaissance et, si l’exposition se prolonge, la mort. Beaucoup de victimes s’endorment sans comprendre ce qui leur arrive. La justesse du geste de Maomao tient à cela : face à des malaises collectifs dans un lieu chauffé et fermé, ouvrir et évacuer à l’air libre est exactement la bonne conduite, parce que l’air frais permet à l’oxygène de reprendre peu à peu sa place sur l’hémoglobine.

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Sources

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