Substance pharmacologiealimentation

Le thé et la caféine : stimulant et diurétique | Behind the Lore

Contexte dans l'histoire (cliquer pour masquer ce bloc) (cliquer pour afficher ce bloc)

Ce paragraphe peut contenir des informations sur l'intrigue.

Quand Maomao élabore son protocole de soin pour dame Lifa, empoisonnée par la céruse de son fard, elle intègre le thé comme outil de diurèse. Elle prévoit d’abord un thé à effet diurétique pour favoriser l’élimination des toxines, puis explique qu’elle lui en a fait boire pour qu’elle se soulage plus souvent et évacue ainsi ce qui l’empoisonne. Le raisonnement est celui d’une apothicaire pragmatique : si le corps peut chasser les toxines via les reins, autant stimuler cette voie.

Le sujet en profondeur

Le thé est obtenu par infusion des feuilles séchées de Camellia sinensis, un arbuste originaire d’Asie du Sud-Est dont la culture remonte à plusieurs millénaires [Wikipedia] . Selon la transformation des feuilles, on distingue le thé vert (non oxydé), le thé blanc, le thé oolong (semi-oxydé) et le thé noir (entièrement oxydé). Leur composition chimique varie en intensité, mais tous partagent les mêmes familles de molécules actives.

La molécule clé sur le plan pharmacologique est la caféine [Wikipedia] . Longtemps appelée « théine » quand on la trouvait dans le thé et « caféine » dans le café, il s’agit en réalité de la même molécule : la 1,3,7-triméthylxanthine. Son mécanisme d’action repose sur l’antagonisme compétitif des récepteurs à l’adénosine, principalement les récepteurs A1 et A2A du système nerveux central. L’adénosine est un neurotransmetteur inhibiteur dont la concentration augmente tout au long de la journée : c’est elle qui génère la sensation de fatigue et l’envie de dormir. En occupant ses récepteurs sans les activer, la caféine bloque ce signal et maintient l’état de vigilance.

L’effet diurétique de la caféine est réel mais dose-dépendant. À forte dose, elle inhibe la réabsorption tubulaire du sodium dans le rein, ce qui entraîne une augmentation de la production d’urine. À la dose habituelle d’une tasse de thé (40 à 70 mg de caféine selon le type et le temps d’infusion), cet effet est modeste. Surtout, il est largement compensé par le volume d’eau ingéré avec l’infusion : des études montrent qu’une consommation régulière de thé ou de café, aux doses usuelles, n’entraîne pas de bilan hydrique négatif chez les personnes habituées à la caféine. En d’autres termes, boire du thé hydrate autant, voire davantage, qu’il ne déshydrate.

Le thé contient également de la théanine, un acide aminé particulier qui module les effets de la caféine. La théanine favorise la relaxation sans somnolence et, en synergie avec la caféine, produit un état de vigilance calme que l’on ne retrouve pas avec le café seul. Ce profil pharmacologique spécifique au thé explique en partie son usage millénaire comme boisson de soin et de méditation dans les traditions asiatiques.

Pour aller plus loin

Sources

Publié le

Poursuivre l'enquête

Suggérées automatiquement par concepts, disciplines, épisodes ou personnages communs.