La prosopagnosie : ne plus reconnaître les visages | Behind the Lore
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Dans le dernier épisode de la saison 1, Maomao explique à Jinshi pourquoi Lakan se comporte de manière si déconcertante avec les gens qu’il croise. Il est incapable de reconnaître le visage d’autrui. Il peut en distinguer les éléments, mais pas les assembler pour former un tout. Pour lui, tous les visages se ressemblent. En quelques mots, elle pose un diagnostic qui, dans la réalité, a mis des décennies à être formalisé par la neurologie moderne.
Le sujet en profondeur
La prosopagnosie, également appelée agnosie des physionomies, est un trouble de la perception qui rend incapable d’identifier un visage, même celui de proches ou le sien dans un miroir, alors que la vision est par ailleurs normale [Wikipedia] . Une personne atteinte de ce trouble voit parfaitement bien les yeux, le nez, la bouche, la coupe des cheveux. Ce qu’elle ne peut pas faire, c’est fusionner tous ces éléments en un percept global qui déclenche la reconnaissance d’une identité.
Cette distinction entre perception des parties et perception du tout n’est pas triviale. Reconnaître un visage n’est pas additionner des traits : c’est un traitement dit holistique, ou configural, qui saisit le visage comme une configuration d’ensemble. L’aire fusiforme des visages, une région spécialisée du gyrus fusiforme dans le lobe temporal droit, est la structure cérébrale au coeur de ce mécanisme. Quand elle fonctionne normalement, elle répond de manière sélective aux visages vus de face et construit cette représentation globale en quelques dizaines de millisecondes.
Les neurologues distinguent deux formes principales. La forme acquise survient à la suite d’une lésion cérébrale localisée, souvent une atteinte vasculaire ou traumatique du lobe temporal droit : la reconnaissance était normale, puis elle a disparu du jour au lendemain. La forme développementale, aussi dite congénitale, n’implique aucune lésion visible ; la personne n’a simplement jamais développé la capacité de reconnaître les visages, sans en connaître la raison avant parfois l’âge adulte. Des études en population générale estiment que cette forme développementale touche environ 2 à 2,5 % des personnes, ce qui en fait un trouble plus répandu qu’on ne le croit.
Les personnes prosopagnosiques ne restent pas pour autant sans ressource. Elles apprennent à identifier leurs proches grâce à d’autres indices : la voix, la démarche, la coiffure, le contexte de la rencontre, un vêtement caractéristique. Ces stratégies compensatoires fonctionnent bien dans des environnements connus, mais s’effondrent dès que le contexte change, par exemple quand quelqu’un porte un chapeau qu’il n’avait pas l’habitude de porter, ou quand on croise un collègue dans la rue plutôt qu’au bureau.
Pour aller plus loin
Sources
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