Substance botanique

L'ipomée | Behind the Lore

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Vers la fin de l’épisode, Suilei, qui entretient un jardin de simples officieux dans le quartier militaire, annonce à Maomao qu’elle a l’intention d’y planter des ipomées. Le contexte est celui d’un inventaire de plantes médicinales cultivées en marge de la pharmacopée officielle, et ce choix botanique n’est pas anodin : la patate douce, qui appartient au même genre, a déjà été évoquée plus tôt dans l’épisode comme remède prescrit pour Jinshi.

Le sujet en profondeur

Le genre Ipomoea appartient à la famille des Convolvulacées et regroupe plusieurs centaines d’espèces, dont les plus connues sont la patate douce (Ipomoea batatas), le volubilis (Ipomoea purpurea ou I. tricolor) et le liseron du Japon (Ipomoea nil) [Wikipedia] . Toutes partagent une architecture florale caractéristique : des corolles en entonnoir, souvent violettes, bleues ou blanches, qui s’ouvrent le matin et se ferment en quelques heures.

La patate douce est l’espèce la plus importante sur le plan alimentaire et médical. Originaire d’Amérique tropicale, elle s’est diffusée en Asie de l’Est dès le XVIe siècle et s’est intégrée rapidement à la pharmacopée et à la cuisine chinoises [Wikipedia] . Sa racine tubérisée, riche en amidon, a été utilisée comme aliment de confort digestif, comme source de fécule épaississante et comme soutien nutritif en période de convalescence.

Les graines de certaines espèces d’Ipomoea concentrent des alcaloïdes ergolines, notamment de l’acide lysergique amide (LSA), un cousin structural du LSD. Ces alcaloïdes ont des propriétés purgatives à faible dose et psychoactives à dose élevée. Leur usage rituel est documenté en Amérique précolombienne, en particulier chez les Aztèques qui appelaient ces graines ololiuqui. Il faut cependant distinguer nettement ce contexte mésoaméricain des usages asiatiques : dans la Chine impériale, aucune source ne documente un emploi psychoactif des graines d’Ipomoea. C’est la racine tubérisée et les feuilles qui concentrent l’intérêt médicinal en Asie.

Un risque de confusion botanique mérite d’être signalé : certaines espèces d’Ipomoea à fleurs blanches (I. alba, notamment) ressemblent superficiellement aux fleurs de datura. Les deux plantes sont grimpantes, à grandes fleurs blanches en entonnoir. Mais le datura appartient à une famille entièrement différente (Solanacées) et contient des alcaloïdes tropaniques (atropine, scopolamine, hyoscyamine) dont la toxicité est très supérieure à celle des alcaloïdes d’Ipomoea. La confusion a déjà causé des intoxications graves. Sur ce point, la fiche sur le datura apporte tous les détails utiles.

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Sources

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