Le somnambulisme : ce que dit la science | Behind the Lore
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Un fantôme hante les remparts est de la cour impériale : une silhouette blanche danse chaque nuit, semant la terreur parmi les servantes et les concubines. Quand Jinshi charge Mao Mao d’élucider le mystère, il lui demande directement si elle s’y connaît en somnambulisme. Elle admet que son domaine, c’est les plantes, et que les maux d’origine mentale dépassent son champ d’action. Mais c’est le père de Mao Mao, médecin de renom, qui pose la définition : le somnambulisme est un mal causé par l’esprit qui pousse le patient à agir comme s’il était éveillé. La scène souligne aussi un point que la médecine moderne confirme : ce type de trouble peut être simulé, une courtisane ayant utilisé exactement ce stratagème pour faire baisser son prix de rachat.
Le sujet en profondeur
Le somnambulisme appartient à la famille des parasomnies, ces troubles qui surviennent au cours du sommeil sans que la personne en soit consciente [Wikipedia] . Il se distingue clairement des parasomnies du sommeil paradoxal comme les cauchemars ou la paralysie du sommeil : il se produit pendant le sommeil lent profond, aussi noté stade N3, qui domine la première moitié de la nuit [Wikipedia] .
Pendant ce stade, les ondes cérébrales lentes signent un état de très faible activité corticale globale. Pourtant, certaines régions motrices restent actives suffisamment pour produire des comportements élaborés : se lever, marcher, ouvrir des portes, parfois parler. Ce que le cerveau ne fait plus, c’est traiter les informations sensorielles de façon cohérente, maintenir la conscience de soi et, surtout, encoder ce qui se passe en mémoire épisodique. Quand la personne se réveille, il ne subsiste aucune trace de l’épisode. Ce n’est pas qu’elle oublie ; c’est que la consolidation mnésique n’a tout simplement pas eu lieu.
Les yeux du somnambule sont le plus souvent ouverts, ce qui entretient la confusion avec un état de veille. Son regard est fixe, peu réactif. Il peut répondre à des questions simples mais ses réponses sont incohérentes. Il évite les obstacles de façon rudimentaire. Son comportement est stéréotypé et sans finalité claire, contrairement à celui d’une personne réellement éveillée.
La prévalence est significative : environ 2 à 4 % des adultes présentent des épisodes récurrents, et jusqu’à 15 % des enfants en ont traversé au moins un, ce qui en fait l’une des parasomnies les plus fréquentes [Wikipedia] . Les facteurs déclenchants documentés comprennent le manque de sommeil, le stress, la fièvre, certains médicaments agissant sur le système nerveux central et la prédisposition génétique : le risque est nettement plus élevé chez les enfants dont un parent est lui-même somnambule.
La question de la simulation est médicalement sérieuse. Sans polysomnographie, c’est-à-dire l’enregistrement simultané des ondes cérébrales, du tonus musculaire et des mouvements oculaires pendant le sommeil, il est difficile de distinguer cliniquement un vrai épisode d’une imitation soigneuse. Certains marqueurs orientent le diagnostic différentiel : un vrai somnambule présente des ondes lentes caractéristiques à l’EEG, un tonus musculaire particulier et l’absence de réponse aux stimuli verbaux complexes. Mais sans examen du sommeil en laboratoire, ces critères restent inaccessibles à l’observation directe.
Pour aller plus loin
Sources
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