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La somatisation : quand l'esprit rend malade | Behind the Lore

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Au fil de l’enquête sur le fantôme des remparts, Maomao pose à mi-voix une remarque qui tranche avec les explications surnaturelles qui circulent à la cour : « Nombre de maux ont une origine mentale. » Ce constat proto-psychosomatique lui sert de boussole diagnostique. Si la cause d’un trouble est mentale, aucun remède végétal ne peut le corriger, et Maomao, dont le domaine est les plantes, reconnaît honnêtement ses limites. Plus tard, Jinshi suggère que l’amour pourrait bien être le remède à bien des maux, une intuition que la série laisse ouverte et qui prolonge la même idée : le corps répond aux états de l’esprit.

Le sujet en profondeur

La somatisation désigne l’apparition de symptômes physiques réels, douleurs, troubles digestifs, malaises, palpitations, fatigue profonde, que l’examen médical ne peut rattacher à aucune lésion ou maladie organique identifiable [Wikipedia] . Le terme est souvent mal compris : il ne signifie pas que les symptômes sont imaginaires ou exagérés. Ils sont bien réels, ressentis, mesurables dans certains cas par des marqueurs biologiques. C’est leur origine qui est psychique plutôt qu’organique.

Le mécanisme central passe par le système nerveux autonome. Sous l’effet d’un stress chronique ou d’une détresse émotionnelle intense, le cerveau maintient l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien en état d’alerte. Cette activation persistante libère du cortisol et des catécholamines, hormones du stress, en continu. Le cortisol, à dose répétée, altère la perméabilité intestinale, perturbe la régulation de la douleur via le système nerveux central, abaisse le seuil de perception des signaux corporels et favorise les spasmes musculaires. Ce sont ces perturbations qui se traduisent en symptômes concrets [Wikipedia] .

Un autre mécanisme, plus localisé, est la conversion fonctionnelle. Le DSM-5 décrit sous le nom de « Trouble des symptômes neurologiques fonctionnels » (anciennement « hystérie de conversion ») des situations où une souffrance psychique se traduit par une perte de sensibilité, une paralysie, des tremblements ou des crises ressemblant à une épilepsie, sans qu’aucune lésion neurologique ne soit retrouvée à l’imagerie. Le cerveau, en quelque sorte, court-circuite la commande motrice ou sensorielle sous l’effet d’un conflit psychique non résolu.

L’erreur commune est de conclure qu’un symptôme sans cause organique est donc faux. En réalité, la frontière entre le corps et l’esprit est une construction conceptuelle pratique, pas une frontière biologique. Toute émotion est un événement neurochimique : une peur intense active les mêmes circuits que la douleur physique. Un deuil prolongé peut diminuer l’immunité de façon mesurable. Un état d’anxiété chronique peut creuser un ulcère gastrique, phénomène dont la mécanique est désormais bien documentée.

Pour aller plus loin

Sources

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