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Empreintes digitales : révélation par poudrage | Behind the Lore

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Pour identifier l’auteur d’un empoisonnement par soupe suspecte, Maomao demande du coton, de la farine et un pinceau. Elle saupoudre la farine sur un tampon de coton, tapote délicatement le bol en argent poli, souffle l’excédent au pinceau et obtient quatre séries d’empreintes distinctes, différenciées par leur taille et leur position. Elle conclut sans hésiter sur l’identité du coupable. En une minute de manipulation, elle réinvente de manière autonome le poudrage forensique, technique qui n’entrera dans les procédures judiciaires officielles qu’au siècle suivant en Occident.

Le sujet en profondeur

La face interne des doigts et des paumes est couverte de crêtes papillaires, des reliefs cutanés microscopiques dont la disposition en arcs, boucles et tourbillons est propre à chaque individu et stable de la naissance à la mort [Wikipedia] . Ces crêtes sont trouées de pores sudoripares : chaque contact avec une surface lisse y dépose un film invisible de sueur (eau, chlorures, acides aminés) et de sébum (acides gras, triglycérides). C’est ce dépôt qu’on appelle une empreinte latente, impossible à voir à l’oeil nu sur une surface propre, mais physiquement présent.

Le principe du poudrage est simple : une poudre de granulométrie fine, appliquée délicatement, adhère préférentiellement aux zones grasses du dépôt plutôt qu’à la surface nue. Le contraste chromatique entre la poudre et le fond révèle alors la géographie précise des crêtes. Les laboratoires criminalistiques modernes utilisent des poudres spécialisées : graphite (gris sombre sur fond clair), aluminium (argenté), lycopodium (jaune sur fond sombre) ou encore des poudres fluorescentes observées sous lumière ultraviolette. La farine de blé, riche en amidon et en protéines, peut jouer un rôle analogue sur des surfaces très lisses et polies comme de l’argenterie, en adhérant aux résidus lipidiques par des interactions physico-chimiques proches de celles qui gouvernent les poudres professionnelles. Le contraste obtenu est nettement moindre, mais le principe reste valide.

Les méthodes modernes vont bien au-delà du poudrage. La ninhydrine réagit avec les acides aminés du dépôt sudoral pour former un composé violet (réaction de Ruhemann), ce qui permet de révéler des empreintes sur papier poreux. Le fumage au cyanoacrylate, la colle cyanoacrylate chauffée, produit un polymère blanc qui se fixe spécifiquement sur les acides aminés et les chlorures des empreintes et permet de traiter des surfaces complexes. Chacune de ces méthodes cible une fraction chimique différente du dépôt : les lipides pour le poudrage, les acides aminés pour la ninhydrine et le cyanoacrylate.

L’unicité des empreintes est une propriété établie empiriquement sur des millions de comparaisons : on n’a jamais trouvé deux individus, ni même deux doigts d’un même individu, portant le même motif de crêtes [Wikipedia] . Cette unicité, combinée à la permanence du motif, fonde toute l’utilité forensique de la discipline.

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Sources

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