La peau des grenouilles : organe et arme chimique | Behind the Lore
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En pleine saison, un personnage remarque que l’on croise des grenouilles d’une taille honorable et les qualifie de créatures peu ragoûtantes, en raison de leur caractère visqueux. La remarque est comique, mais elle repose sur un fait biologique réel : le mucus cutané des amphibiens est bien réel, palpable, et a une fonction précise que la série effleure sans la développer.
Le sujet en profondeur
La peau des amphibiens est fine, perméable et dépourvue d’écailles ou de poils. Cette absence de barrière physique est compensée par deux types de glandes dermiques [Wikipedia] .
Les glandes muqueuses produisent en continu un film aqueux. Ce mucus a plusieurs rôles : il maintient l’hydratation de la peau, indispensable à la respiration cutanée (les grenouilles absorbent une partie de leur oxygène directement à travers la peau), et il forme une surface glissante qui complique la prise des prédateurs. Sans ce film, la grenouille se dessèche et suffoque en quelques heures.
Les glandes à venin constituent le second système. Chez les crapauds (famille des Bufonidae), elles forment des renflements apparents derrière les yeux, les glandes parotides. Elles sécrètent un mélange de molécules appelé bufotoxine, qui comprend notamment des bufadiénolides, stéroïdes cardiotoxiques qui agissent sur la pompe à sodium-potassium des cellules cardiaques [Wikipedia] . Un prédateur qui mord un crapaud en ressent rapidement les effets : hypersalivation, vomissements, troubles du rythme. Les humains peuvent être affectés par simple contact avec les muqueuses.
L’exemple le plus extrême est celui des grenouilles dendrobates d’Amérique tropicale. Leur peau concentre la batrachotoxine, une molécule d’une puissance exceptionnelle qui bloque les canaux sodiques des cellules nerveuses et cardiaques de façon irréversible. Ces grenouilles ne synthétisent pas elles-mêmes la toxine : elles la fabriquent à partir d’arthropodes qu’elles consomment dans leur habitat naturel. Des individus élevés en captivité et nourris différemment sont inoffensifs.
Pour aller plus loin
Sources
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