L'odorat du chien : pourquoi il sent si bien | Behind the Lore
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Pendant l’enquête sur le feifa, Maomao explique que le flair d’un chien reconnaît sans peine l’odeur laissée par la poudre à canon, et en déduit que les chiens de chasse ont été délibérément écartés par le tireur pour éviter d’être repéré. Quelques instants plus tard, le chien retrouve effectivement le coupable sur la seule trace olfactive de la poudre, et Maomao conclut : « C’est un animal brillant. » Ce raisonnement condense, en deux répliques, la biologie réelle de l’odorat canin et son application au pistage forensique.
Le sujet en profondeur
L’odorat du chien est l’un des exemples les plus frappants de spécialisation sensorielle chez les mammifères [Wikipedia] . Tout commence dans le nez : l’épithélium olfactif, la surface tapissée de cellules nerveuses qui capte les molécules odorantes, couvre chez le chien entre 100 et 150 cm², contre seulement 3 à 5 cm² chez l’être humain. Cette surface démultipliée accueille environ 300 millions de récepteurs olfactifs, soit cinquante fois plus que nos 6 millions.
Les récepteurs olfactifs sont des protéines membranaires qui reconnaissent chacune une ou plusieurs molécules : quand une molécule s’y fixe, elle déclenche un signal électrique qui remonte au bulbe olfactif du cerveau. Chez le chien, le bulbe olfactif est proportionnellement quarante fois plus grand que chez l’humain par rapport à la masse cérébrale totale. Le cerveau canin consacre donc une part bien plus importante de sa puissance de traitement aux informations olfactives, ce qui explique une mémoire olfactive exceptionnelle : un chien peut reconnaître une odeur rencontrée des années auparavant.
À cela s’ajoute une mécanique de reniflement particulière. Quand un chien cherche une odeur, il reniffle en rafales courtes et rapides, de 3 à 8 fois par seconde. Chaque reniflement renouvelle l’air au contact de l’épithélium sans chasser complètement le précédent, ce qui maintient un film de molécules concentrées sur les récepteurs. L’être humain renifle une ou deux fois, lentement, et expulse l’air par le même chemin. Le chien, lui, possède des narines anatomiquement séparées pour l’inspiration et l’expiration, ce qui crée un flux unidirectionnel optimisant le contact entre l’air et les récepteurs.
Enfin, le chien dispose d’un organe supplémentaire absent chez l’adulte humain : l’organe voméronasal, ou organe de Jacobson, situé à la base de la cloison nasale. Il détecte des signaux chimiques à faible volatilité, notamment les phéromones et d’autres molécules de communication chimique [Wikipedia] .
Suivre une piste : le gradient d’odeur
Lorsqu’un individu passe dans un lieu, il laisse derrière lui des molécules odorantes déposées sur le sol, les végétaux et les surfaces. Ces molécules se dispersent par diffusion et convection : la concentration est donc maximale à l’endroit le plus récent du passage et diminue en remontant vers le point de départ. Le chien de pistage « lit » ce gradient : en comparant la concentration détectée à chaque pas, il oriente sa course vers les zones où l’odeur est plus forte, c’est-à-dire vers la source la plus récente. Cette capacité, appelée olfactométrie naturelle, lui permet de déterminer non seulement où est passé quelqu’un, mais dans quel sens il allait et depuis combien de temps.
Pour aller plus loin
Sources
Publié le
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