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Pourquoi mesurer un astre avec l'astrolabe ? | Behind the Lore

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Hubert ne cherche pas l’heure. Il a besoin que Rafal relève nuit après nuit la position des étoiles, parce que ce sont ces relevés accumulés qui nourrissent ses calculs sur le mouvement du ciel. La même mesure qui, pour un voyageur, donnerait simplement l’heure devient ici la matière première d’une enquête sur la forme du Cosmos.

Le sujet en profondeur

L’astrolabe porte déjà, gravées sur l’araignée, les positions des étoiles brillantes. Si tout est connu d’avance, viser un astre paraît inutile. La clé tient dans une distinction : une carte du ciel donne sa forme, c’est-à-dire les positions des astres les uns par rapport aux autres, mais pas son orientation. Or le ciel tourne, et à chaque instant cette même carte se présente sous un angle différent.

On peut comparer l’instrument à un cadran d’horloge dont tous les chiffres seraient imprimés mais dont on aurait retiré les aiguilles. Les chiffres, ce sont les étoiles connues ; à eux seuls, ils ne disent pas l’heure qu’il est. Viser une seule étoile et lire sa hauteur revient à regarder où pointe l’aiguille : cette mesure unique fixe l’orientation de toute la voûte. Une fois l’araignée calée sur cette hauteur, la position de n’importe quel autre astre, même invisible sous l’horizon, se lit directement.

Le procédé revient à résoudre une équation à une inconnue. Les termes connus sont les positions des étoiles (l’araignée) et la latitude du lieu (le tympan, gravé pour un endroit donné). L’inconnue est l’orientation du ciel au moment de l’observation. Une seule mesure suffit à la déterminer, et l’instrument restitue alors le reste : l’heure d’abord, puis l’orientation (où se trouve le nord) et la durée du jour.

Deux usages se répondent. Si l’on connaît déjà le lieu, mesurer un astre donne l’heure ; c’était l’usage quotidien le plus courant, à une époque sans horloge fiable, pour savoir l’heure de nuit ou le temps restant avant l’aube. Si, à l’inverse, on mesure un astre dont la position vraie est connue, comme le Soleil à midi ou l’étoile polaire, on en déduit non plus l’heure mais sa propre latitude : c’est le principe de la navigation. Dans les deux cas, l’astrolabe mesure une direction, un angle, jamais une distance. La distance des étoiles, elle, est restée hors de portée de tout instrument jusqu’au XIXe siècle [Wikipedia] .

Pour aller plus loin

Sources

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