Substance biologie

L'amanite tue-mouches

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Au fil de ce retour sur les premiers pas du royaume de la science, l’attention se porte sur un champignon emblématique, rouge vif et constellé de points blancs, immédiatement reconnaissable. La scène souligne son statut particulier dans l’imaginaire collectif et ses propriétés hors du commun, bien éloignées de celles d’un champignon de cueillette ordinaire.

Le sujet en profondeur

L’amanite tue-mouches, de son nom scientifique Amanita muscaria, est sans doute le champignon le plus reconnaissable du monde : un chapeau rouge écarlate parsemé de flocons blancs, posé sur un pied pâle [Wikipedia] . C’est l’archétype du champignon des contes de fées, et son image décore les livres d’enfants comme les jeux vidéo. Son nom vient d’un usage ancien : émietté dans du lait sucré, il était utilisé pour étourdir et attirer les mouches.

Ce qui rend ce champignon singulier n’est pas une toxine mortelle, mais un cocktail de molécules psychoactives. Les deux principales sont l’acide iboténique et le muscimol [Wikipedia] . Dans le champignon frais, c’est surtout l’acide iboténique qui est présent ; en séchant ou en chauffant, une partie se transforme par décarboxylation en muscimol, nettement plus actif. Le muscimol est un agoniste des récepteurs GABA-A, le principal système de freinage du cerveau. En se fixant à leur place, il déprime l’activité neuronale et provoque sédation, désorientation, distorsions de la perception et hallucinations, suivies souvent d’un sommeil profond.

Schéma de l'amanite tue-mouches rouge à pois blancs avec ses toxines muscimol et acide iboténique agissant sur le cerveau
Le muscimol imite le GABA et appuie sur le frein du cerveau

Cet effet est très différent de celui des champignons dits « magiques » à psilocybine, qui agissent eux sur le système de la sérotonine. Il diffère aussi radicalement, et c’est essentiel, du mode d’action des amanites mortelles. L’amanite tue-mouches est toxique mais rarement létale chez l’adulte : elle provoque nausées, vomissements, agitation, délire et parfois convulsions, avec un risque accru chez l’enfant. Les intoxications graves restent possibles, surtout en cas de confusion d’espèces.

C’est là le véritable danger. Plusieurs amanites se ressemblent à des stades de développement précoces, et certaines, comme l’amanite phalloïde ou l’amanite vireuse, sont mortelles par leurs amatoxines qui détruisent le foie. Confondre une amanite vénéneuse avec une espèce comestible, ou méconnaître la toxicité de l’amanite tue-mouches, peut avoir des conséquences dramatiques.

Pour aller plus loin

Sources

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